1 138 vues

Rallye DAKAR (Portrait) : Lionel Givry à l’autre bout du monde

Passion – Le fabuleux destin de Lionel Givry

Aujourd’hui, nous allons vous raconter une histoire peu ordinaire. Celle d’un garçon du coin qui s’est récemment lancé à l’attaque de son deuxième DAKAR. Toutefois, Lionel Givry ne s’est pas aventuré au volant d’un de ses bolides, non. C’est plutôt lui qui s’occupe de la maintenance de la voiture de son Team. Car une course comme le Dakar ne se réalise pas sans assistance. Avec à la clé, outre un travail incommensurable, une aventure humaine taille XXL. Pour celui qui a vécu à Montceau jusqu’à l’âge de douze ans, ce Dakar s’apparente à un rêve éveillé. Des décors majestueux qu’on ne peut qu’admirer. Portrait et interview d’un garçon qui a décidé de vivre ses rêves plutôt que de rêver sa vie…


La 39ème édition de la célèbre course « Paris – Dakar », renommée depuis plusieurs années en Rallye Dakar, a rendu son verdict ce dimanche. La course automobile, qui célèbre son 40ème anniversaire, se déroule pour la dixième année consécutive en Amérique du Sud. Et à cette occasion, un Blanzynois était en immersion là-bas pour la seconde année consécutive. Il s’agit de Lionel Givry, mécanicien de métier, en charge de la maintenance d’une voiture concourant sur la plus célèbre épreuve de Rallye raid. Découvrez comment le jeune homme a vécu l’aventure de l’intérieur, avec une magnifique interview entrecoupée de clichés à couper le souffle.


Montceau Sport - Victoire d'étape pour l'équipe de Lionel Givry (1)


Un parcours atypique

Il était une fois Lionel Givry. Bébé, le futur mécano poussa ses premiers cris le 20 juillet 1989 à Saint Vallier (71). Il grandira à Montceau jusqu’à l’âge de douze ans tout en suivant une scolarité classique. Puis après le collège, dorénavant habitant sur Blanzy avec sa famille, le jeune ado se lance dans un apprentissage en CAP mécanicien (Cycle et motocycle). Et ce, au garage BOYER à Blanzy, en alternance avec le CFA Automobile de Mâcon pour les cours.

CAP, puis BEP et Bac Pro toujours au même endroit. Son travail paie car le garage Boyer l’embauche, avant de voir le jeune homme se lasser. Lionel Givry ira alors travaillé à Michelin tout en ayant dans un coin de la tête de faire de la mécanique sur compétitions. Durant son passage chez la marque au Bibendum, il prépare un dossier pour une entrée au lycée Henry Laurens à … Saint-Vallier, mais dans la Drôme cette fois-ci. Accepté, le garçon part intégrer cette formation gratuite de octobre 2015 à fin janvier 2017. L’aventure est lancée…



Interview de Lionel Givry (mécanicien Polaris)


Montceau Sport : Tu participes pour la deuxième année au Dakar, parles-nous un peu de ton rôle ?

Lionel Givry : « Je suis mécanicien sur une voiture, « un Polaris SVS mi buggy mi quad ». Nous sommes deux à bosser dessus. En gros, chaque nuit quand le pilote arrive, nous faisons un bilan de ce qui s’est passé sur la piste et ensuite nous lui faisons une révision complète de la voiture. Tout en gérant les éventuels soucis mécaniques, pour qu’il puisse repartir le lendemain. Mon rôle est donc d’assurer le suivi de la voiture, afin que lui pilote puisse rallier l’arrivé chaque soir. »


« J’ai choisi Xtremeplus pour mon stage, car on m’offrait la possibilité de participer au Dakar… »


MS : Comment es-tu entré dans cette aventure l’an dernier ?

LG : « À la fin de ma formation, il fallait faire un stage de 3 mois dans l’entreprise de notre choix. Mon premier choix au départ était d’aller du côté de Magny-Court en circuit. J’avais d’ailleurs trouvé un stage là-bas, mais malheureusement à quelques jours du début, on m’annonce que c’est plus possible. Alors dans l’urgence, j’ ai cherché quelque chose de proche de la maison. Au final, deux possibilités s’offraient à moi, Vaison sport à Le Creusot ou Xtremeplus basé à Pont-de-vaux dans l’Ain. Et après les entretiens, j’ai décidé de choisir Xtremeplus, car il m »offrait la possibilité de réaliser un rêve de gosse en participant au Dakar, une aventure mythique à mes yeux. »


Montceau Sport - Dakar 2018 avec Lionel Givry


MS : Comment aborder les conditions difficiles d’une course itinérante, qui dure sur plusieurs jours ?

LG : « La première fois (NDLR l’an dernier), je j’ai abordé avec beaucoup de stress et d’appréhension. Mais cette année, j’y suis allé en connaissance de cause, d’où beaucoup moins de stress mais toujours autant d’excitation. Pour ce qui est des conditions, il faut avoir un bon mental. Car d’une part, on dort très peu et souvent dans les camions pendant que ceux-ci roulent d’un bivouac a un autre. Mais aussi, et c’est là le plus difficile, on doit subir les conditions météo qui changent énormément d’un pays à l’autre. Imaginez quand on passe de 35 degrés au Pérou à des températures de 5 à 10 degrés en Bolivie. Qui plus est avec de la pluie, du froid et de la neige sur les sommets montagneux. Sans oublier la fatigue accumulée etc. Bref, c’est pas toujours simple mais bon, quand le soleil revient et que le pilote est content de notre travail, pour nous tout va bien ! »


« Je cherche à être rigoureux et appliqué dans mon travail, même si la pression est présente à chaque instant au Dakar… »


MS : Comment vit-on ce genre de Rallye Raid sur la durée ? Un mot sur la gestion du stress ?

LG : « Étant engagé dans une catégorie avec peu de participants, seulement 11 cette année, les écarts sont parfois très serrés. Alors oui, on vit ça intensément, donc avec pas mal de stress. Au fond, ça reste un savant mélange d’adrénaline et de calme. Car il faut pouvoir mettre le pilote dans les meilleures dispositions, c’est une course longue pas de vitesse. Il faut être endurant et établir une stratégie sur la durée. Tout peut aller très vite dans un sens comme dans l’ autre. On cherche à limiter les erreurs et pour ma part, à être rigoureux et appliqué dans mon travail. Au final, la pression est quand même présente chaque jour, avec des journées à surveiller les chronos etc. En fait, c’est comme s’il n’y avait jamais de temps mort ou presque. »


Montceau Sport - Retour du Dakar pour LIonel Givry - Rencontre à Buenos Aires

Retour du Dakar et rencontre à Buenos Aires avec Big Flo et Oli pour Lionel.


MS : Avec qui et pour qui travailles-tu ? Fais tu le Dakar par passion ?

LG : « Je travaille pour la société Xtremeplus, en binôme avec un mécanicien et toute une équipe derrière. On s’entraide beaucoup, on forme un véritable groupe. Je fais le Dakar par passion car j’ai toujours suivi cette course à la télé et depuis l’an passé, je suis passé de l’autre côté de l’écran ! (rires). »

 

MS : As-tu d’autres expériences dans les Rallyes Raid ?

LG : « J’ai quelque autre expérience en effet, puisque j’ai participé à différentes épreuves en  championnat du monde. Un mois après mon premier Dakar, je suis parti en Russie pour la « Baja Northforest », et ce dans des conditions extrêmes. Avec des températures proches des -20 degrés ! J’ai ensuite filé au Maroc, au mois de mai pour le « Merzouga Rallye » et enfin en juillet dernier, j’ai participé à la « Baja Aragon » en Espagne. »



MS : Faire le Dakar a une part de magie, qu’est ce que cela représentait pour toi ?

LG : « Cela représente une chance inouïe, une fierté de participer à une telle course, qui possède une telle histoire avec 40 ans d’histoire. Le plaisir de voir de la fierté dans les yeux des mes proches. Tout cela me fait vraiment comprendre que ce n’est pas donné à tout le monde. »

 

MS : Es-tu accompagné de proches en Amérique Latine pendant la durée de la course ?

LG : « Je suis seulement avec l’équipe. On part sans aucun proche. Mais de nos jours, avec les réseaux sociaux et les cartes SIM locales, on arrive toujours à communiquer avec les gens qu’on aime. De plus, parfois la distance ne fait pas de mal, ça permet de se retrouver tout en réalisant pas mal de choses. Enfin, le dépaysement est total, on voit des lieux magnifiques, il y a parfois de la magie dans ce cadre. »



Par Ailleurs – Galerie sur le Rallye des Gueules Noires 2017


Mustapha Sofi. © Montceau Sport

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.